Le look
Ce qui change radicalement par rapport à ses expériences éditoriales passées et contribuera au succès de Rivages/noir, c’est l’habillage. Le célèbre « look » Rivages/noir, créé par Jacqueline Guiramand, s’impose comme totalement novateur : un lettrage bâton ultra sobre, des titres dans des cartouches sur fond blanc, et des couvertures photographiques qui ressemblent à des plans de cinéma. Et, last but not least, la fameuse carte de couverture mate et grainée, inchangée jusqu’à… ce que le papetier cesse de la fabriquer. L’accueil est très favorable : « J’ai eu un appui de la presse considérable », rappelle François Guérif qui ajoute : « J’ai eu carte blanche pour publier ce que je voulais. » Rivages/noir, c’était et c’est toujours « liberté sans condition ».
Des voix venues de tous les horizons
La curiosité pour les voix venues de tous horizons, au-delà des modes et tendances, demeure la force vive de Rivages/noir. Aujourd’hui, sous la houlette de Jeanne Guyon et Valentin Baillehache, la philosophie n’a pas changé : la collection a embarqué des auteurs venus d’Algérie, de Russie ou de Corée , tout en continuant à publier de grands auteurs patrimoniaux et à défricher des territoires déjà arpentés — États-Unis bien sûr, Angleterre, Écosse, Italie, Espagne, sans oublier le Québec d’Andrée Michaud qui incarne à elle seule l’esprit Rivages/noir : un art tout à la fois littéraire et populaire, accessible et exigeant, qui raconte au plus près les déviances de la nature humaine.