Rivages/noir souffle ses 40 bougies !

  • Publié le

    15/01/2026

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En mars 2026, Rivages/noir fête ses 40 ans ! C'est l'occasion de revenir sur l'histoire de la collection.

L'origine

Il y a quarante ans, Edouard De Andreis, cofondateur des éditions Rivages, allait trouver François Guérif pour lui proposer de créer une collection de romans policiers au sein de sa jeune maison marseillaise. Guérif n’en était pas à son coup d’essai, il avait déjà dirigé plusieurs collections, des années de travail qui lui permirent d’éprouver une méthode à laquelle il restera fidèle : publier des inédits de grands auteurs classiques et découvrir de nouvelles voix venues du monde entier, les proposer dans des traductions fidèles et intégrales. C’est ce qu’il s’efforce de faire dès le premier volume de Rivages/noir : Liberté sous condition de Jim Thompson, qui porte le numéro 1 de ce qu’il conçoit comme une collection de poche car il a le souci de mettre ses publications à la portée de toutes les bourses.

Le look

Ce qui change radicalement par rapport à ses expériences éditoriales passées et contribuera au succès de Rivages/noir, c’est l’habillage. Le célèbre « look » Rivages/noir, créé par Jacqueline Guiramand, s’impose comme totalement novateur : un lettrage bâton ultra sobre, des titres dans des cartouches sur fond blanc, et des couvertures photographiques qui ressemblent à des plans de cinéma. Et, last but not least, la fameuse carte de couverture mate et grainée, inchangée jusqu’à… ce que le papetier cesse de la fabriquer. L’accueil est très favorable : « J’ai eu un appui de la presse considérable », rappelle François Guérif qui ajoute : « J’ai eu carte blanche pour publier ce que je voulais. » Rivages/noir, c’était et c’est toujours « liberté sans condition ».

L'arrivée de James Ellroy

C’est ce credo qui offrira à la collection le coup de chance inséparable du succès. Fort de cette liberté, Guérif ose acquérir les droits d’un romancier refusé partout ailleurs : James Ellroy. Lune sanglante lance Rivages/noir et inaugure une longue collaboration entre l’écrivain et la maison, qui dure encore aujourd’hui. À la suggestion d’Ellroy, plusieurs auteurs, dont Edward Bunker, rejoindront le catalogue, les uns appelant les autres pour former la « famille Rivages/noir ». Une famille venue des États-Unis, de Hollande, d’Italie, du Mexique, de Cuba et bien sûr de France (Hugues Pagan est en embuscade dès les 20 premiers numéros de la collection).

Des voix venues de tous les horizons

La curiosité pour les voix venues de tous horizons, au-delà des modes et tendances, demeure la force vive de Rivages/noir. Aujourd’hui, sous la houlette de Jeanne Guyon et Valentin Baillehache, la philosophie n’a pas changé : la collection a embarqué des auteurs venus d’Algérie, de Russie ou de Corée , tout en continuant à publier de grands auteurs patrimoniaux et à défricher des territoires déjà arpentés — États-Unis bien sûr, Angleterre, Écosse, Italie, Espagne, sans oublier le Québec d’Andrée Michaud qui incarne à elle seule l’esprit Rivages/noir : un art tout à la fois littéraire et populaire, accessible et exigeant, qui raconte au plus près les déviances de la nature humaine.

Rivages/noir aujourd'hui

Rivages/noir aujourd’hui, c’est plus de 1100 titres publiés par des auteurs venus de plus de 25 pays différents. Une diversité de genres, du roman noir pur et dur au suspense, en passant par le roman d’enquête, la fresque historique, l’espionnage… Une famille d’auteurs qui ne cesse de se renouveler et continue de marcher dans les pas de Jim Thompson.